Pendant des siècles, Bordeaux n'est constituée que de la rive gauche et se soucie peu des marécages et terres incultes de la rive droite appartenant aux communes de Floirac et de Cenon-la-Bastide.

plan Hippolyte Matis 1716

Voir aussi :

carte de Belleyme 1785     carte Cassini      carte Cassini2

Carte de Belleyme - Cartes de Cassini (fin XVIIIème)

 

 

 La construction du "Pont de Bordeaux" (futur "Pont de pierre") sous le premier empire (mis en service en 1822) change les données. La rive droite s'urbanise alors à vitesse accélérée.

 rive droite début du XIXeme

 la rive droite au début du XIXème siècle

 

Dès 1824 a été percée la " Nouvelle Route de Bordeaux à Paris" (future Avenue Thiers) et remplacera vite l'ancienne "Route de Paris à Bordeaux" (sur le tracé actuel de la rue de la Benauge et du cours Gambetta).

La nouvelle avenue, rapidement baptisée "Avenue de Paris", conçue par l'ingénieur Deschamps, large de 28 mètres et plantée de deux rangées d'arbres nécessite un énorme chantier d'expropriations et de remblais. Achevée en 1830, elle ne prendra le nom du sinistre Adolphe Thiers qu'en 1878.

plan Bordeaux vers 1830

 

 

Face au pont, la "place du Pont" a déjà la forme carrée de l'actuelle place Stalingrad :

plan la Bastide 1823

Plan de Pierrugues et Bero (1823). Commencé sous la direction du chevalier Pierrugues, ingénieur du cadastre à Bordeaux et terminé par le géomètre Bero.

 

" Dès 1821, le conseil municipal de Bordeaux, avec le maire Joseph-Marie de Gourgue, demande au roi Louis XVIII l'autorisation de réunir une portion du territoire de Cenon à Bordeaux. La mise en service du pont, prévue pour 1822, risque de provoquer une concurrence économique pour Bordeaux, si des auberges ou des tavernes s'installent sur l'autre rive. Le projet rejeté par le maire de Cenon, Bordeaux n'obtient pas l'extension de l'octroi sur les territoires réclamés.

Le député Simiot, en 1847, présente au maire de Bordeaux Duffour-Dubergier un plan Annexion de La Bastide et le justifie en ces termes: «  Une grande ville en possession d'un grand fleuve, dans l'intérêt de sa prospérité commerciale doit masser sa population autour de son port... Ce port sera le plus près possible, en face de nous, à La Bastide, et pour cela il faut que cette localité fasse partie de Bordeaux. L'intérêt immédiat de la ville exige cette réunion, et comme corollaire, le pont doit être affranchi de tout péage » Le conseil municipal de Bordeaux écarte le projet.

En 1850 le commerçant Balaresque reprend l’initiative en écrivant: « La construction de la gare de La Bastide va devenir pour Bordeaux un véritable danger, notre commerce en sera atteint comme jadis le quartier de Paludate par la construction du pont. A La Bastide, une église, une gare, une salle, un débarcadère pour les navires ont été construits. Des établissements industriels se forment; les vignes, les roseraies se transforment en rues et en places publiques, des maisons s'élèvent, des routes et des quais s'étendent jusqu'à la Souys et a Lormont. Encore un peu de temps, toutes nos craintes et nos tristes prévisions seront réalisées. »

Lagrave, maire de Cenon, dans une lettre, réplique de façon cinglante: « Bordeaux ne convoite La Bastide que pour accroître ses revenus. En 1821, la création du pont de chemin de fer fut un prétexte pour demander l'annexion; aujourd’hui c'est la gare de chemin de fer... nous n'envions pas les splendeurs de Bordeaux, qu'elle nous laisse dans notre humilité. Elle fait payer trop cher l’honneur de lui appartenir. »

 vue_g_n_rale_cadastre_Napol_on

 

 

Trente-deux ans plus tard, le préfet Pierre de Mentque s'empare de Affaire et crée en 1853 une commission présidée par le maire de Bordeaux Antoine Gautier. Le nouveau projet englobe non seulement La Bastide mais également une partie de Floirac, Cenon et Lormont, et sur la rive gauche le territoire entier des communes de Bruges, du Bouscat, Caudéran, Talence, Bègles et une partie de Villenave d'Ornon, Merignac et Pessac.

L'ingénieur des Ponts et Chaussées. Adolphe Alphand, également conseiller municipal de Bordeaux, renchérit: « La ville de Bordeaux, grâce à la création de voies rapides de communication dont elle vient de se doter, est appelée a un avenir de prospérité inespérée... le projet d'annexion de ces territoires, a pour objet de donner à la ville une ampleur qui lui manque, de faire disparaître les irrégularités de son enceinte... des actes qui doivent rendre à Bordeaux, son antique splendeur ». Les vigoureuses oppositions des maires de Cenon et de Lormont provoquent l'ajournement de l’ambitieuse entreprise préfectorale.

L'ancien maire de Bordeaux, Antoine Gautier, dès 1853, n'envisage qu'une annexion minimale et rejette le projet préfectoral sous prétexte "qu'accepter tous ces territoires pourrait changer nos conditions d'administration et nous entraîner dans des dépenses qui pourraient être grandes et dont nous ne pouvons par nous former une idée exacte ». Ses successeurs, les maires Casteja et Brochon, se contentent de gérer l'affaire sans faire preuve d'audace, n'osant pas affronter les querelles de clocher, ni déclencher des hostilités contraires à leurs intérêts électoraux.

Presque dix ans s'écoulent en palabres, proposition de toutes sortes pour trouver une solution acceptable.

 

cachet cenon la Bastide 4

La ville de Bordeaux rachète le péage du pont de pierre en échange de l’annexion de terrains nécessaires à l'agrandissement de la ville du coté de La Bastide. Les délibérations des conseils municipaux de Bordeaux et de Cenon, le 16 août 1862, entérinent le projet.

L'annexion de La Bastide, confirmée par le décret impérial du 27 avril 1864, devient effective le 1er janvier 1865 Le nouveau quartier, dénommé Bordeaux-Bastide comprend plus de la moitié du territoire de Cenon ainsi qu'une partie de Floirac et de Lormont.

                                                                               

Extrait de "Histoire des maires de Bordeaux - Les Dossiers d'Aquitaine"

 

Voir ci-dessous : Napoléon III : Projet de loi, décret de l'empereur du 8 avril 1864 (suite à l'adoption en conseil d'Etat du 2 avril de la même année ) décidant de l'annexion d'une partie de Cenon-la-Bastide par la ville de Bordeaux. Cenon la Palus (partie basse de Cenon Bastide) est amputée de la majeure partie de son territoire, ne gardant que les parties marécageuses non contruites. La population passe brusquement de 6817 habitants (recensement de 1861) à 848 habitants (recensement de 1866) :

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